13/09/2008 18:41 Alter: 11 yrs

La Collection luxembourgeoise du Musée National d'Histoire et d'Art

Kategorie: 89/2008 - Literatur 89/2008 - Literatur

?François Gillen Né à Echternach, le 10 juin 1914 et mort à Echternach, le 3 novembre 1997 A l'âge de dix-sept ans Gillen part Bruxelles, où il étudie le dessin à l'Acadé-mie des Beaux-Arts. Cinq ans plus tard il se perfectionne, toujours dans le dessin, l'Académie des Beaux-Arts de Düssel-dorf. En 1938 Gillen s'inscrit à l'Institut Supérieur des Beaux-Arts d'Anvers (sec-tion peinture), où il a comme professeur Gustave van de Woestijne et comme dis-ciple Luc Peire. Dès 1940 il entre dans la Résistance et voit ainsi son premier élan artistique coupé par la deuxième guerre mondiale. Toutefois il réussit à aboutir à. Vienne où il étudie l'architecture des décors de théâtre à l'Académie des Beaux-Arts. Peu après il devient décorateur du Théâtre de Baden près de Vienne. A cette même époque il expose une première fois ses oeuvres à Luxembourg à la Galerie Paul Bruck. Deux très grands maîtres ont marqué la voie artistique de Gillen. D'un côté An-dré Lhote, chez lequel il a eu l'occasion de se perfectionner dans la peinture. De l'autre côté Fernand Léger dont il devient l'élève dès 1947 et qui lui permet d'ex-poser en groupe à. Lyon au Palais Saint- Pierre. Selon Joseph-Emile Muller «le pas-sage à l'atelier de Fernand Léger ainsi qu'une longue pratique de cet art mo-numental qu'est le vitrail l'ont conduit à. chercher avant tout la force, la netteté, la justesse du langage.» La Collection Luxembourgeoise du Musée National d'Histoire et d'Art Vianden, 1946 Gouache sur papier, 70 x 54 cm 7778 François Gillen Nature morte aux poissons Huile sur toile, 60 x 72 cm Peintre, lithographe, sculpteur, mo-saïste, verrier, auteur de tapisseries et créateur de sculpture habitable, Gillen est un artiste complet qui a touché à tout. Ses premiers vitraux il les réalise en 1948 dans l'Hôtel de Ville de sa ville natale. S'en suit une longue série de commandes de vitraux soit pour des édifices religieux soit pour des bâtiments publics. En 1952 par exemple il remporte un concours pré-sidé par un jury international et obtient la commande d'une série de 14 vitraux pour la Basilique d'Echternach. Bien que Gillen ne puisse guère être réduit à ses réalisations en verre, la contemplation de ces oeuvres permet fa-cilement à un public non averti de saisir toute la splendeur et la grandeur de cet art, sa luminosité, sa clarté. De nos jours Gillen est surtout connu pour ses réalisations abstraites aux for-mes géométriques resplendissantes de couleurs chaudes et froides. Néanmoins il a commencé ? comme la plupart des artistes ? à peindre des sujets figuratifs notamment des natures mortes et des paysages, dont le Musée national d'His-toire et d'Art possède quelques exem- ples, comme une vue de Vianden (1946) et une Nature morte aux poissons (non daté). Cette dernière dévoile déjà les for-mes géométriques vers lesquelles Gillen va se tourner progressivement. A partir de la deuxième moitié des années 1940 l'artiste se consacre davan-tage à l'art abstrait qu'il a découvert cette époque à Paris et ailleurs. En 1954 il expose au Salon des «Ico-nomaques», un groupement d'artistes luxembourgeois qui cherchent à rompre avec l'art traditionnel propagé par le Cer-cle artistique luxembourgeois. Nous y re-trouvons entre autres les peintres Michel Stoffel et Emile Kirscht et les sculpteurs Lucien Wercollier et Wenzel Profant. Aujourd'hui Gillen est renommé à la fois pour ses peintures abstraites et pour ses vitraux monumentaux dans de nom-breuses églises et bâtiments publics ainsi que pour ses sculptures monumentales. Citons seulement quelques exemples: les vitraux de la basilique d'Echternach, des églises de Wasserbillig, de Bastendorf, de Schengen, de Wormeldange, de Dalheim, de Stadtbredimus et de Belair, les vitraux de la mairie d'Echternach, de l'école deLA COLLECTION LUXEMBOURGEOISE DU MUSÉE NATIONAL D'HISTOIRE ET D'ART Progression, 1978 Huile sur toile, 100 x 146 cm Wiltz et de l'Athénée de Luxembourg, sans oublier deux monuments placés sur le territoire de la Ville de Luxembourg: le monument de la Solidarité Nationale sur le plateau de Saint-Esprit (1970) et le monument commémoratif pour le 30e anniversaire du Traité de Rome à Luxem-bourg Gare (1989). Cette notoriété ne s'arrête point aux frontières du pays. Gillen est aussi bien connu au-delà des limites du Grand-Du-ché, non seulement pour y avoir habité pendant de longues années (surtout Paris), mais également pour ses exposi-tions et ses vitraux réalisés à l'étranger. II s'agit entre autres des vitraux de l'égli-se de Mont Saint Martin, de l'église de Montréal (au Canada), des mosaïques à. Pontault-Combault, à Lagny-sur-Marne et à Chateau-Salins (France). Lucien Kayser qualifie François Gillen comme «notre artiste le plus radi-cal, dans l'orientation qu'il a donnée très tôt à son oeuvre, dans l'obstination avec laquelle il s'y est attaché. Au bout, une oeuvre toute d'une pièce, au meilleur sens de l'expression. Nourrie d'une vé-rité initiale.» Sans aucun doute Gillen fait partie de nos meilleurs artistes du XXe siècle. Voila pourquoi il est d'autant plus re-grettable de ne voir que rarement ses oeuvres exposées, sans parler ? une fois de plus ? de l'absence d'une publication systématique retraçant toutes les étapes et les oeuvres de cet important artiste luxembourgeois. Linda Eischen x 79


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