07/06/1999 18:30 Alter: 20 yrs

Les fifties au Musée d'Histoire de la Ville de Luxembourg

Kategorie: 61/1999 - Fünfziger Jahre 61/1999 - Fünfziger Jahre
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?«Les années 50. Luxembourg entre tradi-tion et modernité», tel est le sujet d'une grande exposition temporaire que le Musée d'Histoire de la Ville de Luxembourg propose jusqu'au 24 octobre 1999. L'exposition s'étend sur 20 salles thématiques et trois étages du musée. Le visiteur y découvre d'abord «l'histoire des années 50 Luxembourg», puis il entre dans la sphère de la vie quotidienne «chez-soi» en passant par la cuisine, le living, la chambre des enfants ... Il termine le parcours en expérimentant ce que signifiait «être ensemble», dans la rue, dans le tram, au café ou au cinéma. Les objets, photos, films et musique des années 50 font revivre une époque mythique qui n'a rien perdu de sa fasci-nation. Les fifties au Musée d'Histoire de la La nostalgie des années 50 Les années 50 sont aujourd'hui suffisam-ment anciennes pour entrer au musée. En France, en Allemagne, en Grande-Bretagne, des institutions renommées ont organisé récemment des expositions consacrées aux fifties. A Paris, il y a deux ans, on a pu voir la très nostalgique rétrospective «C'était Paris dans les années 50». De novembre 1998 à. juillet 1999, les villes de Mannheim, Ludwigshafen et Heidelberg se sont associées pour proposer un programme de mani-festations autour du thème «Arts et culture des années 50». A Londres à l'Imperial War Museum, l'exposition «From the Bomb to the Beatles» s'achève tandis qu'à Berlin, au Gropius- Bau, la grande manifestation historique qui célèbre le cinquantenaire de la République Fédérale d'Allemagne en faisant une large place aux années fondatrices du «Wirtschafts- wunder», vient tout juste d'ouvrir ses portes. Le Musée d'Histoire de la Ville de Luxembourg se situe donc en plein dans un courant qui est à. la mode, la nostalgie des années 50. Même pour ceux qui ne les ont pas vécu, les années 50 évoquent aujourd'hui la musique rock and roll, les voitures américaines, le petty coat, le Formica, les vedettes d'Hollywood, Marilyn Monroe, Marlon Brando, James Dean, éventu- ellement l'existentialisme d'un Jean-Paul Sartre, Saint-Germain des Prés, l'ombre de la guerre froide, Bref, des images qui font aujourd'hui partie d'une mythologie banalisée. Aussi est-ce pour un musée un sujet gratifiant, évocateur, qui plaît facilement. C'est un thème susceptible de toucher un grand public. Dans cette popularité des fifties réside cependant aussi un grand danger de simplification et de généralisation excessives. L'histoire des années 50 risque de se réduire à un ensemble de clichés facilement interchangeables.Des années d'or pour le Luxembourg Ville de Luxembourg L'intention du Musée d'Histoire de la Ville de Luxembourg n'a pas été de faire la nième rétrospective sur le style et les mythes des années 50. Son souci a été de réaliser une exposition qui ait une spécificité luxembourgeoise. Comment l'esprit 50 s'est-il manifesté à Luxembourg? Quelle fut l'évolution de la société luxembour-geoise? Si on veut résumer la période à. un aspect essentiel pour mieux la saisir dans sa globalité, on peut dire qu'en France les années 50 sont la décennie de la décolonisation et de l'agonie de la IV' République. En Allemagne c'est l'époque du miracle économique. Au Luxembourg, les années 50 apportent enfin la reconnaissance internationale. Alors que durant l'entre-deux- guerres le statut international du pays restait précaire, après 1945 son indépendance n'est plus mise en doute. Lors du conflit mondial le Grand-Duché avait abandonné sa neutralité traditionnelle et participé à l'effort de guerre des alliés. Ceci lui assure au lendemain de la victoire une place dans la communauté internationale. Au cours des années 50 le Luxembourg parvient de plus en plus à. faire figure de plate-forme européenne. La CECA établit son siège provisoire à. Luxembourg. Des négociations diplomatiques aboutissant à la conclusion du traité de la Sarre entre la France et l'Allemagne et de l'accord germano-israélien sur les réparations ont lieu dans la capitale grand-ducale. La nouvelle présence internationale du Luxembourg se mani-feste également à. un niveau plus populaire, dans le domaine du sport et du cinéma. Des vedettes comme Charly Gaul ou Germaine Damar, vérita-bles «héros luxembourgeois» font la une de l'ac-tualité sportive et cinématographique. L'assu-rance retrouvée grâce à. la reconnaissance ?Mme flocer ce-ca fte acte fuie Wea, eee couda 50 &lava aalcuord' maare loe4 aad toti, eee mena 4me;de444ee, ee me" co at, ee 9cvrodea, uede,ttee d'qeeeepood, 7frian4 7Iteonoe, 7/2aidoot etaado, 94otee Daia, e'vefteceeetemote e 'exigetticteimee d'aa pecut-Paae Sotite. Saiae- 9eirmaia dee Coodne de ea 9aertne Ode, "?tbt cocerd ded couded 50 ee 9cutd-Vcceité eatiteineftd ded y,uutdd ploie& de e4ftaieutioo Izewt 614 Izeter fuld izaletadeftt 9i9cuttared, Montage des radios Ducal dans les années 50 internationale libère des énergies inattendues tous les niveaux. Au cours des années 50 le Grand-Duché entreprend des grands projets de construction qui pour un petit pays paraissent gigantesques: l'aménagement des barrages d'Esch-sur-Sûre et de Rosport, le début des travaux de construction de la station de pompage à. Vianden, l'agrandissement de l'aéro-port, la canalisation de la Moselle, l'amélioration du réseau routier. L'exposition retrace d'abord cet effort de reconstruction et de modernisation qui caractérise le Luxembourg de l'après-guerre. Elle essaie de communiquer l'optimisme voire l'euphorie qui porte cette période de redémar-rage. Un bonheur entre rêves et réalités Les années 50 ont-elles été un temps de bonheur? Luxembourg a-t-il été le pays des gens heureux? La publicité touristique d'un Philippe Schneider peut nous le faire croire. Les films d'amateurs et les photographies de l'exposition montrent également des visages souriants. Ils parlent de fête et de joie. Mais n'est-ce pas le réflexe de chacun de sourire en face de l'objectif d'une caméra? A mieux regarder les documents photographiques on découvre aussi les rides des visages qui témoignent du labeur de la vie quo-tidienne ou la rusticité des vêtements qui reflète le besoin dans lequel une partie de la population continue à vivre. Parfois la photo rappelle aussi de façon brutale la réalité. A titre d'exemple cette image d'un accident de route qui fait face une grande vitrine où sont exposées des voitures de jouet en tôle. Elle rompt avec la nostalgie et la fascination qui nous envahit en regardant ces objets de rêve en miniature. A d'autres endroitsles concepteurs de l'exposition ont essayé de contrebalancer l'effet nostalgique des images par la mémoire orale. Des interviews ont été effec-tuées auprès de personnes qui avaient entre quinze et vingt-cinq ans à l'époque afin de re-cueillir leurs souvenirs de jeunesse. Ces témoins racontent les conditions de vie à. la maison, les relations entre filles et garçons, l'autorité des parents, le poids de la religion, leur rêve de partir en voyages, les réalités de l'école, les lieux de loisirs dans la ville, leur premier emploi et le salaire dérisoire qu'ils gagnaient ... Ces témoig-nages donnent une impression beaucoup plus nuancée d'une société dont le bien-être matériel reste modeste, d'une société qui hésite encore entre tradition et modernité. Le visiteur peut lire des extraits de ces interviews sur des panneaux disposés au fil du parcours muséographique. Des parties de récits ont également été intégrées dans le décor sonore diffusé ,à. travers l'exposi-tion. La banalisation des objets Le niveau de vie de la majorité des Luxem-bourgeois s'améliore pendant les années 50. L'économie du Grand-Duché tout comme celle des autres pays industrialisés entame une phase de croissance qui permet de garantir le plein- emploi, d'augmenter les salaires et de réduire le temps de travail. La société luxembourgeoise entre progressivement dans l'ère de la consom-mation de masse, de l'abondance et du jetable. Dans la vie courante la prospérite se traduit par une variété toujours croissante d'objets qui font leur apparition dans les foyers: machine à. laver, aspirateur, réfrigérateur, mixer, moulin à. café, voiture, radio, télévision . Au lendemain de la guerre certains produits sont encore fabriqués au Luxembourg par des petites et moyennes entre-prises. L'exposition montre quelques exemples comme les radios de la société Ducal ou les machines à. laver Zuang de Dudelange. Mais concurrencés par les grandes marques étran- gères, ces industries et ateliers artisanaux indi-gènes doivent arrêter leur fabrication. Les ménages luxembourgeois achètent de plus en plus des productions de masse qui sont impor-tées. Dès lors leur environnement matériel ne diffère plus tellement de celui des familles françaises, belges ou allemandes. Au niveau de la vie quotidienne on ne peut guère trouver de «spécificité luxembourgeoise». Une exposition sur les fifties où qu'elle ait lieu, présente les mêmes meubles, les mêmes vêtements, les mêmes appareils éléctroménagers. Cependant on peut essayer d'évaluer si la société luxem-bourgeoise est en retard ou en avance sur une évolution générale en fournissant des indications sur la diffusion du confort moderne. Par exemple le «frigidaire» de la marque «General Motors» exposé dans le musée est accompagné de l'information qu'en 1960, seulement 42% des familles luxembourgeoises possèdent un réfrigérateur. Ainsi le lien avec des circonstances historiques spécifiques est rétabli.deidemee 42% da pumilled eatem4u9egia4 mumideat cea lijnifitateun, " Tony Kr/erDes objets qui racontent une histoire Début 1998 le Musée d'Histoire de la Ville de Luxembourg avait lancé un appel aux particu-liers à. travers la presse qu'il récupérait tout ce qui pouvait lui servir à. reconstituer la vie publique et privée des années 50. Les objets rassemblés à. l'issue de cette collecte allaient de la pompe à. essence au juke-box, en passant par les vête-ments et les ustensiles de cuisine, les meubles et les enseignes de magasins. L'appel au public avait en plus permis au musée d'entrer en contact avec des collectionneurs dont les centres d'intérêt couvraient les domaines les plus divers et qui voulaient prêter des pièces pour une expo-sition. Les dépôts du musée où s'accumulaient les objets provenant du débarras des caves et greniers ressemblaient de plus en plus à. la caverne d'Ali Baba. La plupart des pièces recueil-lies étaient des articles produits en masse. Ce n'étaient pas des objets uniques et on pouvait les trouver sur n'importe quel marché de brocante. Les gens n'avaient pas nécessairement besoin de se rendre dans un musée pour les voir. Le risque était donc grand que l'exposition devienne une simple accumulation de vieilles choses. D'un autre côté si on n'avait retenu que les raretés, l'exposition serait devenue un cabinet de curio-sités baroques. Aussi fallait-il opérer un choix radical en fonction du programme thématique de l'exposition. Cette élimination n'allait pas sans ?4e4 Aticed do#te afro,ded comme ded «dyéed eteueoia» aur ce* aivrilyze- poce dee4,44idgire fet? ted °tee e#4 ode= et ri (an fteutter de metageden tan autogamie. déception auprès des particuliers qui espéraient revoir exposées au musée, toutes les pièces qu'ils avaient données. Dans une exposition les objets finalement sélectionnés sont des signes qui, soit par leur association, soit par leur confrontation, racontent une histoire. Le programme théma-tique qui servait de référence à la sélection, avait été établi sur base des recherches menées par dix-sept historiens autour du sujet «Le Luxem-bourg des années 50. Une société de petite dimension entre tradition et modernité». Le résultat de leurs investigations a été publié sous forme d'un recueil de contributions paru à. l'oc-casion de l'inauguration de l'exposition. Au sein de l'installation muséale par contre, les textes jouent un rôle subsidiaire. L'exposition veut d'abord donner la parole aux objets. Les textes en introduction à. chaque section thématique servent uniquement de clef d'interprétation. Ils fournissent une aide à. la lecture du message historique. Mais ce sont essentiellement les objets qui composent le discours. Un des critères de sélection fut d'ailleurs que la pièce exposée ait une vertu évocatrice, qu'elle permette au specta-teur de ressentir des émotions et de comprendre des enchaînements historiques sans recourir ,à. des longues explications textuelles. 7:12=2:zmggiada4 La scénographie de l'exposition soutient cette philosophie de l'objet. Les architectes- scénographes n'ont pas voulu faire dans la reconstitution historique. Ils ont refusé de repro-duire un salon, une cuisine ou un milk-bar l'identique. Les pièces sont exposées comme des «objets trouvés» sur un arrière-fond scénogra- phique qui les met en valeur et qui leur permet de manifester leur autonomie. Le pantographe de la première locomotive électrique ou la lampe d'émission de l'émetteur de Radio Luxembourg, placés au milieu d'une salle, ressemblent aux sculptures de Tinguely. Les cimaises et les vitrines bleu foncé de l'exposition s'intègrent par contraste dans le cadre habituel du musée. La scénographie a choisi des formes, des matériaux et des couleurs qui soient neutres tout en étant d'aujourd'hui. Quant aux couleurs et formes des années 50, le spectateur les retrouve dans les objets. Lorsque le visiteur sort de l'exposition le contenu et non pas sa mise en scène lui reste en souvenir. Guy Thewes L'exposition est ouverte tous les jours a l'exception des lundis de 10.00-18.00 hrs, les jeudis jusqu'à 20.00 hrs. Une projection d'extraits de films et de dessins animés des années 50 a lieu tous les jours a 16.30 hrs dans la salle du cinéma. L'exposition dure encore jusqu'au 24 octobre 1999. Pour tout renseignement et pour le programme des activités: tél. 22 90 50-1. Visites guidées: tél.: 4796-3061. O Photothèque de la Ville de Luxembourg


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