07/09/1999 18:47 Il y a : 19 yrs

La Collection Luxembourgeoise du Musée National d'Histoire et d'Art

Catégorie : 62/1999 - Euro 62/1999 - Euro

?La Collection Luxembourgeoise du Musée National d'Histoire et d'Art Parmi les peintres et les sculpteurs, qui depuis 1839 ont marqué l'histoire de l'art au Luxembourg et qui sont repré-sentés par des oeuvres majeures dans notre Musée national, s'imposent les noms de Fresez au dernier numéro de ,,Ons Stad» et celui de Nicolas Liez, qui se situe dans la même lignée que Fresez, son professeur dont il fut le disciple le plus talentueux. A l'époque on recherchait avant tout la fidélité scrupu-leuse dans le rendu topographique, ce qui évidemment donne à l'oeuvre sa grande valeur documentaire. Mais Nicolas Liez (né en 1809 á Neufchâteau/Vosges et décédé le 30 août 1892 à Dresde) Autoportrait (1860) Nicolas Liez, considéré avant tout comme un excellent paysagiste, réussit contrairement à Fresez à dépasser une reproduction trop minutieuse des sites plus ou moins connus tout en respectant tous les détails. Liez, qui est donc moins soucieux de proportions et d'exactitude, sait avant tout distribuer la lumière et créer une atmosphère plus légère en s'inspirant du romantisme allemand á la mode l'époque. Il est d'ailleurs le premier artiste luxembourgeois avoir cette vision romantique. Né en 1809 à Neufchâteau dans les Vosges Nicolas Liez peut malgré tout être considéré comme un artiste luxem-bourgeois, car il est venu vivre dans notre pays dès l'âge de 3 ans. Son père Jean-Joseph Liez, cordonnier à Neufchâteau, était marié à Marie Weber, une Luxembourgeoise, rencon-trée alors qu'il se trouvait au Luxemburg comme caporal de grenadiers de la garnison française. Le jeune couple était parti vivre en France, mais après la naissance des enfants était revenu en 1812 s'installer au Luxembourg. D'ailleurs le père a pris la nationalité luxembourgeoise dès 1814. Le jeune Nicolas est inscrit à l'école municipale, appelée aussi l'Ecole des Pauvres, installée dans l'ancien couvent des Recollets à la Place Guillaume, avant de suivre à 16 ans les cours de Fresez à l'Ecole de Dessin, où en 1827 il obtient la médaille d'argent fondée par le roi des Pays-Bas. Liez part ensuite parfaire ses études à Charleroi et à Mons où il s'initie aussi à l'art lithographique. Tout au long de sa vie Liez aura toujours du mal â vivre de son art. Sa vie est laborieuse et bien remplie, mais aussi mouvementée et instable. Génie universel il essaye de faire de l'argent de toutes ses capacités. Ainsi est-il à la fois peintre, lithographe, graveur, sculpteur, décorateur et un professeur apprécié qui fait travailler ses élèves d'après nature et qui donne des leçons de peinture même le dimanche ià ceux qui travaillent pendant la semaine. On le voit aussi bien diriger un atelier de lithographie, où il s'en-gage à reproduire tout ce qui est possible, que restaurer la façade de vieilles demeures, entreprendre la confection de monuments funèbres ou participer à la publication del'album ?Voyage pittoresque dans le Grand-Duché". C'est lui aussi qui introduit la photographie au Luxembourg. On le touve brièvement à Paris pour faire de l'aquarelle et de la peinture à huile, puis à la faïencerie de Septfontaines où il décore assiettes et plats de ses paysages nationaux. Membre de nombreuses sociétés et décoré de multiples prix Liez se décide en 1860 acquérir sa propre faïencerie à Audun-le- Tiche, mais se ruine rapidement, liquide le tout et s'expatrie définitivement en 1870 à Dresde où il travaille comme direc-teur artistique de la faïencerie Villeroy-et-Boch. Il meurt à Dresde le 30 août 1892 laissant 4 enfants, tous nés au Luxem-bourg. Liez n'était pas comme Fresez doué pour le portrait. Dans cet art il était même plutôt médiocre. On voit plutôt en lui le plus grand graphiste luxembourgeois du 19 siècle. En peinture ses sujets sont multiples et vont de la célèbre ?Mort de Jean l'Aveugle" aux paysages tout en passant par des bouquets de fleurs, des chemins de croix ou des chevaux dans leur écurie. Pour ses paysages il s'inspire de sites du Luxembourg, des Ardennes françaises, du Luxembourg belge et des environs de Dresde. Ç'est en 1870 qu'il crée son tableau le plus important, même si les critiques affirment, que l'artiste avait atteint le sommet de son art en 1834, sommet qu'il n'a plus dépassé par la suite. Il s'agit d'une vue prise au Fetschenhof et montrant ?La Ville de Luxembourg", vue que Liez a dessinée, gravée et lithographiée. L'huile sur toile mesure 78 x 118 cm et donne une vue avant tout pittoresque de la ville où ont débuté les travaux de démantèlement de la forteresse. L'artiste ne respecte nullement les proportions ni la perspec-tive. Pour rendre la place forte plus importante il augmente la hauteur des rochers et du pont du chemin de fer. Par contre le train et sa traînée de fumée paraissent minuscules. Mais en principe la reproduction demeure fidèle à. la réalité. La silhouette de la ville se dresse contre le ciel. On reconnaît les clochers de l'église de la Congrégation, de la Cathédrale, de l'église Saint-Michel, de l'actuel Lycée des Arts et Métiers ainsi qu'en bas de l'église du Grund. On y retrouve les maisons de la Corniche ainsi que certaines demeures du plateau d'Altmiinster. De même les deux maisons blotties au pied du pont, rue de la Tour Jacob, existent encore de nos jours. La Montée de Clausen est encore entièrement forti-fiée. A gauche on voit les tours et les murs partiellement reconstruits, du Plateau du Rham. Si de nos jours on monte la rue de Trèves pour se placer à l'endroit choisi par le peintre on constate qu'une grande partie de la vue est main-tenant cachée par des arbres et arbustes. Liez, bien plus que Fresez a le don de l'observation vivante. Il aime introduire dans son tableau des scènes de vie anecdotiques peuplées de personnages comme dans cette vue où on trouve des promeneurs le long de l'Alzette, des ouvriers en train de détruire les murs de la forteresse, une femme avec une hotte sur le dos montant la rue de Trèves accompagnée d'un garçon ainsi qu'un chariot mené par son charretier à pied. Georgette Bisdorff 31 Vue de la ville de Luxembourg depuis le Fetschenhof 1870 (huile sur toile, 78 x 118 cm)


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