09/03/2006 11:09 Alter: 12 yrs

La Collection Luxembourgeoise du Musée National d'Histoire et d'Art

Kategorie: 81/2006 - Drittes Alter 81/2006 - Drittes Alter

?La Collection Luxembourgeoise du Musée National d'Histoire et d'Art Jean-Pierre Beckius est avec Nico Klopp (cf. Ons Stad No 74) et Jos Siinnen (cf. Ons Stad No 75) le troisième des grands peintres mosellans, auxquels d'ailleurs les Publications Mosellanes de Martin Gerges ont consacré trois mono-graphies. Beckius, de peintre de Mertert» a su avec une rare maîtrise «exprimer en beauté, en lumière et en sentiment» la vallée de la Moselle, qui lui était à la fois patrie et source d'inspiration avec ses vallons, ses collines, ses vignobles et ses eaux paisibles. Une amitié profonde le liait à Frantz Seimetz de Grevenmacher, pourtant nettement plus âgé que lui (cf. Ons Stad No 64), qui lui avait présenté Gaby Breyer, une jeune fille d'Arlon, qu'il a épousée en 1933 et qui lui a donné neuf enfants, dont seulement six sont restés en vie, parmi lesquels Triny Beckius, qui elle aussi deviendra artiste peintre. Même si Seimetz et Beckius étaient de caractère bien différent et avaient des visions de vie nettement divergentes, ils avaient bien des points communs et leur amitié reposait sur des bases solides. Non seulement ils avaient tous les deux épousé une Arlonaise, mais ils ont également voyagé beaucoup et connu de longs séjours à l'étranger, notamment pour parfaire leurs études. Tous les deux sont aussi connus comme d'excellents paysagistes et portraitistes. Jean-Pierre Beckius (né le 4 août 1899 à Mertert on il est décédé le 11 décembre 1946) Autoportrait, 1930 Beckius est né le deuxième enfant d'une famille de vignerons et de paysans. Son père était de Kapenacker et sa mère, Catherine Thull, de Mertert. Le jeune Beckius est supposé continuer rceuvre de ses ancêtres et travailler la terre. C'est grâce à l'intervention de Pierre Frieden, alors jeune étudiant, dont Beckius a peint d'ailleurs un portrait, que son père se laisse convaincre de le laisser continuer ses études et que le jeune garçon peut fréquenter l'Ecole artisanale de Luxembourg, oit il a comme professeurs Pierre Blanc et Ferdinand d'Huart. Une nouvelle étape le mène en 1919 à Paris, on il va vivre pendant sept ans. L'élève de l'Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts découvre les grands maîtres du passé. Il est aussi fortement marqué par Corot et l'impressionnisme, auquel il va rester fidèle toute sa vie. Mal à l'aise dans la Paris mondaine cet homme qui restait profondément attaché à la terre, qui prônait le retour à la na-ture, qui parlait toute sa vie durant le dialecte de son village et refusait le confort apporté par le progrès technique, préfère peindre les ruelles tranquilles, les toits des mansardes, Montmartre et le Moulin de la Galette ou encore la maison de Mimi Pinson, ainsi que la Seine avec ses ponts et ses péniches, baignant dans une atmosphère brumeuse et diffuse. Les couleurs dominantes de sa palette sont alors le gris, le brun, le violet, et aussi le rose foncé.Vieille Femme, 1937 Un autre voyage le mène en 1928 en Italie grâce à une aide financière accordée par Joseph Bech. La technique de Beckius s'y assouplit et l'artis-te apprend à jouer avec la lumière et la luminosité des pays méridionaux, tout en se rendant compte que «dans la lumière vive les couleurs se font plus rares et monotones». Il en gardera toujours une prédilection pour ces heures de transition que sont l'aube et le crépuscule. L'amour pour Rembrandt le conduit en Hollande en 1933. Il s'agit en réalité de son voyage de noces qui va durer deux ans et constitue l'un des sommets dans l'art du peintre dont la palette, au contact des grands maîtres, s'assombrit mais avec des teintes plus chaudes. Ses motifs préfé-rés sont les ruelles et maisons typiques d'Amsterdam, les horizons infinis, les nuages pourchassés par le vent, les dunes, les champs de tulipes, les canaux avec les péniches et les voiliers. Le mal du pays le fait revenir au Luxembourg, oit il s'installe dans son village natal qu'il ne quittera plus jusqu'à sa mort prématurée en 1946, alors qu'il n'avait que 47 ans. Paysagiste dans l'âme Beckius n'a jamais peint de fleurs ou de natu-res mortes. La figure humaine ne peuple que rarement ses paysages. Mais si tel est le cas il choisit des gens simples et vieux, des ouvriers et paysans, 511751 rnmie © des villageois et vignerons. Il aime faire le portrait des enfants, y inclus des siens, ainsi que celui des membres de sa famille, surtout de son épouse et de sa mère, celle-ci marquée par le poids des années et la mort à venir. Mais le thème préféré reste la vallée de la Moselle, même si Beckius n'a pas non plus dédaigné les villages de la Sûre ou la vallée de la Syre avec ses saules et son moulin ou d'autres thèmes ruraux comme les meules de foin. Celui qui apparaît dans ses autoportraits comme un homme hagard au regard fixe dirigé au loin dans un visage sans fard et marqué par la vie, a su avant tout retenir, à la manière d'un Corot ou d'un Sysley, le charme poétique et la beauté transparente des sites mosellans, à un moment oit la rivière, non encore canalisée, coulait paisiblement entre les berges et les collines. Souvent il reprend le même sujet mais sous un angle et une lumière différents au fil des heures et des saisons. Ainsi a-t-il traité d'in-nombrables fois le village de Temmels sur le côté allemand en face de Mertert. Fidèle à l'exemple des impressionnistes il analyse, mieux que ses contemporains, les phénomènes lumineux et la traduction des variations de la lumière et de l'atmosphère Georgette Bisdorff RE


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