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21/03/1993 18:07 Alter: 20 yrs

L'histoire de la Ville de Luxembourg à la lumière des timbres postes

Rubrik: 42/1993 - Merl 42/1993 - Merl
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L'histoire de la Ville de Luxembourg la lumière des timbres-poste A l'occasion des fêtes du Millénaire de la Ville en 1963, l'Administration des Postes, Télégra-phes et Téléphones avait émis une série de il timbres commémoratifs, illustrant chacun un site, un monument ou un objet caractéristique d'un siècle. Il nous a paru intéressant de placer ces différents sujets dans leur contexte historique afin d'évoquer au-delà de l'objet représenté les phases marquantes de l'histoire de la Ville de Luxembourg. C'est montrer également que sous ce rapport le timbre-poste peut avoir en dehors de sa fonction proprement dite, celle d'être un document de souvenir historique et artistique. Ce timbre en bleu foncé nous fait remonter au Xe siècle, donnant, à partir de la vallée de lAlzette, une vue sur le rocher du Bock avec les vestiges du châ-teau fort de Sigefroi. Ce comte Sigefroi, apparenté à la famille des Carolingiens, avait acquis en 963 — date contestée aujourd'hui — par un acte d'échange, fait avec l'abbaye Saint- Maximin de Trèves, ce rocher et ses alen-tours contre des territoires à Feulen. La valeur stratégique de cet impres-sionnant rocher, situé au croisement des routes romaines Reims-Trèves et Metz- Saint-Vith et dominant la vallée de l'Alzette, ne fit aucun doute. Aussi, peu de temps après cette acquisition, Sigefroi fit-il détruire les restes de fortifications du nom de Lucilinburhuc, situées sur l'actuel Marché-aux-Poissons, pour éri-ger sur le plateau même en direction de l'est un château fort avec tour de guet, chapelle et écuries, construction qui reprit l'ancien nom de Lucilinburhuc et qui fut entourée d'une enceinte. Bientôt des ouvriers et des artisans qui travaillaient sur ce chantier vinrent se fixer dans les environs formant ainsi la première population des faubourgs. Sige- frai est considéré comme le fondateur de la Ville de Luxembourg. Le rocher du Bock fut longtemps le centre du comté, puis du duché. Un témoignage du XIe siècle se trouve sur le timbre en gris foncé, jaune, brun et bleu qui représente les „Trois Tours", véritab e emblème de la Ville. Sa partie centrale date du deuxième mur d'enceinte, dont la construction remonte au XIe siècle, selon quelques historiens même à une époque ultérieure. Ce qui est certain, c'est que le développement de la population et l'importance croissante du bourg rendirent nécessaire un élargisse-ment de l'enceinte, permettant ainsi d'in-tégrer en une seule cité les quartiers com-merciaux et administratifs avec la rési-dence du comte. La nouvelle enceinte s'o-rientait vers l'ouest (la ville haute actuelle), englobant une superficie d'à peu près 5 ha et comprenant 12 tours, avec 5 portes. Les 2 ailes latérales ne furent ajoutées que 200 ans plus tard, en guise de renforcement lors de la construction de la 3e enceinte. Longtemps les Trois Tours servaient de prison á la ville. Le timbre en rouge brun, représen-tatif pour le Mie siècle, montre l'abbaye bénédictine „de Münster", d'après un dessin du prieur Bertels. C'est à l'année 1083 que remonte la fondation de cette abbaye par le comte Conrad Ier. Si celui-ci, désireux de se laver d'une excommunication, passe pour le fondateur, le père spirituel et l'organisa-teur en est son fils Rodolphe, abbé de Saint-Vanne près de Verdun et premier abbé de Münster. La nouvelle abbaye fut dédiée aux apôtres Pierre et Paul et géné-reusement dotée par le comte de terri-toires, dont la mise en valeur, selon la devise bénédictine: „ora et labora" attira dans la région des travailleurs et permit une amélioration matérielle des condi-tions de vie de la population. Mais le monastère devint aussi rapi-dement un centre de vie religieuse et intel-lectuelle intense. jusqu'à la Révolution française l'abbé d'Altmünster fit figure d'autorité religieuse de la Ville. Pendant 400 ans les moines détenaient le mono-pole scolaire. Leur école, qui attira de nombreux jeunes gens, non seulement de la Ville, mais aussi des environs, peut s'e-norgueillir d'avoir formé par un solide enseignement déja bilingue les élites intel-lectuelles de nos régions. L'abbaye fut détruite en 1543 au cours des guerres entre Charles Quint et Fran-çois Ter. Les moines s'établirent dans la ville basse du Grund, à „Neumünster", où ils restèrent jusqu'en 1794. 17L'HISTOIRE DE LA VILLE DE LUXEMBOURG A LA LUMIERE DES TIMBRES-POSTE Ce très beau timbre en brun foncé, chamois, ocre et vert représente le grand sceau de la Ville, appendu á. un acte de 1237. Il montre une tour de ville stylisée, ouverte et surmontée de trois créneaux avec cette inscription: „S(igillum) judicis et communitatis lucemburgensis". o t. I LUXE Nt B•0 RG /Bk ••• ••■ AI& ..... AM& Ain In Ceci montre de façon convaincante que la Ville de Luxembourg, déjà avant la codification de ses droits et obligations par les lettres dites „d'affranchissement" de 1244, avait son sceau propre. Celui-ci fut en usage jusqu'en 1443, quand Phi-lippe le Bon, lors de la prise de la Ville par ses troupes, le fit confisquer pour punir les bourgeois de leur résistance. Un sceau á. la devise du duc de Bourgogne le rem-plaça Jusqu'en 1480, quand Marguerite de Bourgogne et Maximilien d'Autriche res-tituèrent à la Ville son ancien sceau. Son usage pourtant devait se perdre avec le temps, car en 1570 apparaît pour la première fois un document avec un écu au lion et aux burelles, lesquels avaient été les meubles du contre-sceau de Bourgo-gne, et dont la Ville se servait á l'avenir. Le gouvernement républicain révolution-naire imposa un sceau où figura la „Déesse Raison"; celui de l'Empire fut meublé par l'aigle impériale couronnée. Sous le régime hollandais on revint aux anciens emblèmes. Le 10 novembre 1818 le „Hooge Raad van Adel" à La Haye confirma á. la Ville ses armoiries et son sceau: „burellé de 10 pièces et un lion lampassé, armé et couronné, la queue fourchue et passée en sautoir". Ici il n'est pas sans intérêt de relever qu'il y a une vingtaine d'années des tenta-tives avaient été entreprises au niveau des autorités municipales afin de remplacer les armoiries actuelles aux meubles préci-tés par ce qui avait été le premier sceau de la Ville, la tour crénelée, son symbole propre, signe de son autonomie interne, de sa „justice" et de sa position de place fortifiée. Non seulement le patrimoine historique de la Ville aurait été ainsi com-mémoré, d'autres avantages auraient 18 encore justifié le changement. Plus de confusion possible avec les armes de la Ville et celles d'autres localités du pays, voire de l'ancien Duché, surtout plus de confusion avec les armoiries nationales, les deux étant meublées de façon identi-que. Une autre considération aurait été d'ordre esthétique, la tour crénelée, sobre et dépouillée ne pourrait plus se prêter á des fantaisies héraldiques, souvent de mauvais goût, que l'on rencontre parfois chez ceux qui croient pouvoir se servir à leurs fins des armes de la Ville. Dans ce but, un groupe restreint de spécialistes avait été chargé d'élaborer des proposi-tions conformes aux données de la science héraldique, en vue du remplacement des armes actuelles. Mais cette tentative louable échoua devant l'attitude négative de la majorité du Collège échevinal qui mit en doute l'opportunité d'un échange du symbole du lion contre la tour crénelée. Les „Tours du Rham", que nous montre un timbre en vert sont des vestiges de la troisième enceinte, dont la construc-tion remonte au XlVe siècle. Le dévelop-pement de la Ville haute et de la popula-tion de plus en plus dense des faubourgs avait rendu nécessaire une extension du mur d'enceinte. Les travaux avaient pro-bablement déjà commencé sous Jean l'Aveugle, mais l'état lamentable des finances en avaient sans doute ralenti l'exécution. Ils ne furent terminés qu'a la fin du siècle, vers 1395 sous Wenceslas II. De hi le nom de „mur de Wenceslas", donné à. ces constructions. Elles englo-baient entre autres le plateau Altmünster et celui du Rham et sur une étendue d'à peu prés 3 km comptaient un grand nom-bre de tours et de portes. En 1875, au cours du démantèlement de la forteresse le mur fut détruit, à, l'exception de 6 tours dont celle aussi de la porte de Trèves qui restent ainsi pour les contemporains les témoins éloquents des impressionnantes fortifications médiévales. Un des trésors dont la Ville peut s'enorgueillir á. juste titre est la statue de la „Vierge noire" dans l'église Saint-Jean de Grund; le timbre en noir, jaune, rouge et bleu nous la montre comme un témoi-gnage de la création artistique du XIVe siècle finissant. Longtemps cette statue, qui passait pour être miraculeuse, avait sa place dans le couvent des Franciscains au Knuedler; elle y fut invoquée sous le nom de „Dei Mater et Stella Coeli" ou après les affres de la Guerre de 30 ans même comme „Notre-Dame de la Paix". Après la suppression du couvent des Francis-cains par les autorités françaises en 1795, la statue fut cachée pendant un certain temps. Au début du 19° siècle on la retrouve dans l'église Saint-Jean au Grund avec le maître autel et deux des autels latéraux du même couvent. La statue, qui est sculptée dans du bois de noyer, accuse nettement l'influence de l'école de Cologne du temps des Parler, cette famille d'architec-tes et de sculpteurs dont l'activité sous les empereurs luxembourgeois s'étendait á. toute l'Europe. Les traits fins de la madone, son sou-rire discret, la tenue légèrement incurvée du corps, la souplesse des plis de son vête-ment, l'attitude enjouée de l'enfant jouf-flu: autant d'éléments significatifs de l'élégance du style colonais. La colora-tion noire serait venue au cours des temps sous l'effet d'influences diverses. Aujourd'hui on l'invoque sous le nom de „Schwarze Not-Muttergottes" et nombreux sont toujours les pèlerins qui viennent aux pieds de son autel chercher consolation et réconfort. L'auteur tient a remercier M. Marcel Wietor, prépose de l'Office des timbres des P. & T., pour tous les renseignements nécessaires a la rédaction de cet article. PT-OT/008.93Le timbre en brun rougeâtre repré-sente l'actuel Palais Grand-Ducal. Cet élégant édifice de style Renaissance date de la domination espagnole, dont l'influence se manifeste dans les fines décorations et les arabesques. Il fut érigé sous le gouverneur Pierre de Mansfeld de 1572-1573 pour remplacer l'ancien Hôtel de Ville détruit, comme d'ailleurs une bonne partie de la Ville, par l'explosion d'un dépôt de poudre en 1554. Le bau- maître de la Ville, Adam Roberti, fut chargé de l'exécution des travaux pour lesquels Mansfeld aurait même fait des avances sur sa fortune personnelle. C'est dans ce beau cadre aristocratique, qui d'ailleurs connut des agrandissements dans les siècles suivants, que le Magistrat tenait ses séances jusqu'a la deuxième domination française. La Ville fut prise par les Français en 1795, le duché de Luxembourg fit partie du „Département des Forêts" et l'Hôtel de Ville devint le „Palais de la Préfecture". Il devait le rester jusqu'en 1815, quand le Congrès de Vienne reconnut au Luxembourg son autonomie. Le gouvernement s'y installa et les députés y tenaient leurs séances jus-qu'à la construction de la Chambre des Députés. A partir de 1841 le Roi Grand- Duc y descendait lors de ses séjours en ville. Depuis 1890 l'ancien Hôtel de Ville sert de résidence urbaine a la Famille Grand-Ducale qui y a emménagé après que de grands travaux de réaménagement en eurent fait une réelle demeure prin-cière. La Citadelle du Saint-Esprit, telle que nous la montre le timbre en gris foncé, jaune, bleu et vert nous mène a la première domination française qui débuta avec la prise de la Ville par les trou-pes de Louis XIV en 1684. Sur ce plateau, dominant la vallée de l'Alzette, des reli-gieuses, les Clarisses du Saint-Esprit avaient construit un couvent et s'y étaient adonnées a l'éducation des jeunes filles de la noblesse et plus tard aussi a celle de jeu-nes filles de la bourgeoisie. A la suite des ravages causés par les bombardements, les Français se virent placés devant la nécessité de reconstruire la Ville et en même temps d'élargir et de renforcer les fortifications, afin de faire de Luxembourg une place forte imprena-ble. Vauban, chargé de l'exécution de ces projets, conçut l'idée d'incorporer dans les fortifications le couvent et d'en faire la citadelle, le terrain s'y prêtant à merveille. Les Religieuses déménagèrent au Pfaffen- thal dans des bâtiments nouvellement construits pour elles et qui servent aujourd'hui d'Hospice civil. Sur le plateau Vauban fit construire deux grandes casernes, transformer en caserne également les anciens bâtiments du couvent, dont l'église devint un maga-sin, il renforça en outre considérablement les remparts et les bastions datant de l'époque espagnole. Des transformations furent entreprises au cours des siècles sui-vants, notamment par les Prussiens qui y érigèrent un hôpital militaire et un magasin a grains. Récemment de grands travaux de réa-ménagement du plateau en ont changé l'aspect avec la démolition entre autres d'une des casernes de Vauban et du maga-sin a grains. Aujourd'hui on y traverse une vaste place publique avec sa belle et gracieuse fontaine pour avoir accès au parking sou-terrain ou a l'ascenseur qui nous mène vers le faubourg du Grund. Sur les hauteurs du „Kanounenhi- wel" au milieu d'une riche verdure s'élève le Monument national de la Solidarité luxembourgeoise érigé en hommage aux victimes de la deuxième guerre mondiale. C'est sous la domination autri-chienne au 18e siècle que fut construit le „Pont du Château", représenté sur le tim-bre en violet. Il était devenu nécessaire de remplacer l'ancien pont-levis en bois qui avait relié les bastions de la Ville haute avec les fortifications du Bock et dont l'entretien coûtait fort cher a la Ville. Les travaux, commencés en 1735 sous les ordres du général de Beauffre, furent terminés en 1737. L'exécution en est une construction raffinée en grès rouge à dou- ble étage, fort élégante grâce à la pureté des lignes et aux proportions harmonieu-ses des arcades et pilastres. Sous la grande arche de l'étage inférieur passe la princi-pale communication entre les faubourgs du Grund et Pfaffenthal, le premier étage donne accès aux casemates, le deuxième en direction de Clausen et Neudorf ouvre la route de Trèves. En 1933 un premier élargissement du tablier primitif eut lieu par l'adjonction de deux trottoirs latéraux. Après avoir été privé de son droit de propriété sur l'„Hôtel de Ville" par les autorités françaises, la Municipalité était réduite pour de longues années a des ins-tallations de fortune avec tous les incon-vénients que cela comportait. La construction d'un nouveau centre admi-nistratif était donc de première nécessité. D'un concours public d'architectes, ouvert en 1827, on retint le projet de l'architecte liégeois Justin Rémont. La pose de la première pierre eut lieu le 15 juillet 1830 sur un emplacement prove-nant de la démolition du couvent des Recollets. Les événements de la Révolu-tion belge retardèrent quelque peu les tra-vaux, de sorte que le transfert des services de la Ville n'eut lieu que le 19 octobre 1838 et que la première séance du Conseil de Régence s'y tint le 22 octobre de la même année. La belle façade, élégante de sobrié-té, est représentée sur un timbre en gris foncé, jaune, bleu et vert. Les deux majes- 19tueux lions — oeuvre du sculpteur Auguste Trémont — furent posés des deux côtés de l'escalier d'entrée en 1932 selon une idée initiale de l'architecte. On peut dire que depuis son inaugu-ration, l'Hôtel de Ville est indissoluble-ment lié aux événements qui font l'his-toire de notre cité, témoin qu'il fut de faits mémorables, d'épisodes glorieux qui ont laissé le peuple dans l'allégresse, mais témoins aussi des heures sombres, quand un destin tragique frappait le pays. m s BOU KG k ENSCf4Di CONISTilktiCVONS ZU Mrt.LENATikE 4 Le dernier timbre en bleu clair est consacré à. des réalisations du XXe siècle: le nouveau théâtre municipal et le pont Grande-Duchesse Charlotte avec au fond un des bâtiments du centre européen de Kirchberg. Ce n'est donc plus de bastions ou de fortins qu'il s'agit ici qui ont plutôt refermé la Ville sur elle-même, mais d'un temple des muses et d'un pont qui semble ouvrir la voie vers des destins nouveaux. Les deux réalisations, théâtre et pont, sont des créations destinées à. commémo-rer le millénaire de la ville en 1963. En 1959 la municipalité avait lance un concours international d'architectes pour la construction d'un nouveau théâtre. Lauréat de ce concours fut l'architecte parisien Alain Bourbonnais, l'exécution selon sa conception fut confiée aux ser-vices de l'administration communale. L'inauguration solennelle eut lieu le 15 avril 1964. Durant les 30 ans de son existence le théâtre n'a cessé d'être un centre de vie culturelle intense avec des représentations théâtrales, des concerts, des expositions et des réceptions souvent fastueuses. Avec l'extension constante du centre européen au Kirchberg il devint inévita-ble de relier par un pont ce nouveau quar-tier à la Ville. La construction spectacu-laire d'un pont „à béquilles", lui aussi résultat d'un concours international, commença en 1962 et se termina par son inauguration le 24 octobre 1966. Du haut de ses 85 m, le spectateur peut admirer un panorama exceptionnel et riche en contrastes: le rocher millénaire de la Ville avec à ses pieds les vieux faubourgs, dominés par la ligne audacieuse et élé-gante d'un pont en acier. 20 Fanny Beck La Ville de Luxembourg sur nos signes monétaires Une des très nombreuses différences entre les signes monétaires luxembour-geois et les signes étrangers concerne la Ville de Luxembourg, capitale du Grand- Duché. On peut en effet constater qu'aucun autre pays au monde n'a si souvent représenté sa capitale sur ses billets de banque. La raison de ce record mondial? On peut la déceler peut-être dans le fait qu'au Luxembourg les billets de banque sont émis (du moins jusqu'en 1983, date de création de l'Institut Monétaire Luxembour-geois) par le Gouvernement, donc par une autorité politique, et non par une Banque Centrale, autorité technique en principe apolitique et distincte de l'Etat. Une auto-rité politique semble portée vers la représentation de la Ville de son siège alors qu'une autorité technique a plutôt tendance à. puiser les thèmes de ses émissions dans le patrimoine culturel, artistique, littéraire, scientifique de son pays (sujets jamais employés pour garnir les billets luxembourgeois). Si l'on analyse, même sommairement, les billets et les monnaies de notre pays consacrés à la Ville de Luxembourg, on découvre un certain nombre d'aspects inté-ressants et parfois aussi curieux. Depuis qu'il existe du papier-monnaie luxembourgeois (1856), 60 billets diffé-rents ont été mis en circulation (13 par la Banque Internationale depuis 1856, 8 par la Banque Nationale du Grand-Duché de Luxembourg entre 1873 et 1881, 37 par l'Etat entre 1914 et 1983 et 2 par l'Institut Monétaire Luxembourgeois depuis 1983). Dans tout ce riche bouquet de billets, 12 ont un rapport direct et bien visible avec la Ville de Luxembourg (BIL: 3; BN: 0; Etat: 8; IML: 1). Le premier de ces billets était en circulation de 1922 à. 1925 sous forme d'une coupure de 10 F en 922.700 exemplaires. Les opinions des spécialistes en notaphilie ne concordent pas tout à, fait sur la signification de son image: M. Romain Probst estime dans son „Catalogue illustré du Papier-Monnaie luxembourgeois" que ce beau billet de style Art Nouveau montre l'Eglise Saint-Michel, alors que M. Ray-mond Weiller, dans son ouvrage „125 ans de Papier-Monnaie luxembourgeois" indi-que qu'il s'agit d'un „bâtiment tourelé". Donc: mystère? Certainement, et même mystère insoluble, puisque, curieusement, une description officielle de cette émis-sion manque et les dossiers administratifs sur la production de ce billet (créé par le professeur de dessin J.-P. Curot et imprimé par la maison Mathias Huss de Luxem-bourg) somnolent quelque part dans les archives et n'ont pas encore été retrouvés. Une belle vue sur la corniche de la Ville (avec, cette fois-ci de façon indubitable, l'église Saint-Michel) orne le billet de 100 F émis par la BIL en 1923 ainsi que les émissions identiques de 1930 et 1936. Ce qui surprend dans le graphisme de cette image est un avion (le seul jamais porté sur une coupure luxembourgeoise) qui sur-vole la vallée de Clausen. Ce biplan sur billet de banque est un bel hommage aux temps modernes de l'époque (l'avion á double surface de sustentation fut mis au point au début du siècle). Après ces deux pionniers de la série des billets sur la thématique "Ville de Luxembourg", le sujet est bien entamé et revient à un rythme bien soutenu. Pour systématiser un peu les sujets des autres émissions, on peut dégager les thèmes géné-raux suivants. 740.Z'Ist.:),K•41,N7A;14.AP'.2*44..i's af.:44.1S . ta A i*MtiTr$,V.,0$1*1,104.1:Ali-grv•z.Vis • vie 20 F, 1926. Pour la première fois sur un billet,: le Palais grand-ducal et la „Spuerkees" entourés d'une riche guirlande de roses.


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