13/06/2008 18:44 Alter: 10 yrs

Film et tourisme au Luxembourg à la belle époque

Kategorie: 88/2008 - Tourismus 88/2008 - Tourismus
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?Der Landwirth (/2.5./905) kfd L e cinéma a servi de moyen de promotion touristique pour le Grand- Duché bien avant les films de Philippe Schneider' et de René Leclère2, spécialistes luxembourgeois en la matière au cours des années 1950/60, respectivement des années 1930. A la Belle Epoque, les guides touristi-ques imprimés, les revues spécialisées et surtout les très nombreuses cartes postales ont certes été les principaux moyens de la publicité touristique', mais il ne faut pas oublier que dès le début du 20e siècle, l'idée que le cinéma ? qui n'en est pourtant qu'à ses balbutiements ? puisse être un vecteur efficace de promotion touristique, commence à se développer au Grand-Duché. Mais alors qu'au tournant du siècle, les pouvoirs publics luxembourgeois commencent à s'intéresser de plus près au phénomène du tourisme et à ses possibles retombées économiques4, les premiers films mettant en scène les beautés naturelles et vantant les mérites touristiques du pays sont le fruit d'initiatives privées. FILM ET TOURISME AU LUXEMBOURG À LA BELLE ÉPOQUE Les films Marzen: une bonne publicité pour le Luxembourg Parmi les premiers à tourner des films au Luxembourg, il y a la famille allemande Marzen, originaire de Trèves, qui visite ré-gulièrement le pays (28 fois entre 1900 et 1911) avec son cinéma ambulant Edison's elektr. Theater. Les Marzen installent leur caméra e.a. à Echternach à l'occasion de la fameuse procession dansante (en 1902 et en 1906), fixent sur pellicule la cavalcade de 1905, filment en 1906 la fête des fleurs (corso fleuri) devant le Palais et la mairie et s'intéressent en 1907 à la production de Champagne Mercier au Luxembourg.' A en croire la presse de l'époque, les scènes fil-mées au pays sont celles qui remportent le plus grand succès auprès du public luxem-bourgeois avide de reconnaître des lieux familiers, des personnalités locales ou soi- même sur un écran de cinéma. Les Marzen ne se limitent pourtant pas la projection de ces films locaux sur le territoire du Grand-Duché. Ils les montrent également lors de leurs tournées en Alle-magne. Le Koblenzer Rhein-und Moselbo- te note à propos d'images luxembourgeoi-ses projetées par l'Edisons elektr. Theater: «Reizende Landschaften werden uns auf dem geräuschlos und sicher arbeitenden Apparat vorgeführt; dieses Stück gehört mit zu den Glanznummern des unerschöpf- lichen Programms.»6 L'initiative des Mar- zen de montrer les films luxembourgeois en Allemagne, leur vaut les éloges unanimes de la presse luxembourgeoise. Celle-ci voit dans ces projections un moyen de propa-gande touristique particulièrement efficace pour le Grand-Duché. Ainsi L'Indépendance Luxembourgeoise écrit en 1905: «M. Wen-del Marzen, le propriétaire, est en train de nous faire une très originale réclame. On sait qu'il a cinématographié la cavalcade et surtout le panorama de la ville, qui se prête merveilleusement à ce genre de photogra-phies animées.»7 En 1906, le Echtemacher Anzeiger note à propos des deux films tournés à l'occasion de la procession dan-sante de 1906, que «dies ist eine Reklame für das Land, wie sie schöner und erfolgrei- cher nicht zu denken ist.»8 Le Luxemburger Zeitung est également convaincu de l'effi-cacité de ces films comme publicité touris-tique pour le pays, et insiste sur l'efficacité particulière des images en mouvement: «'Verba volant, scripta manent' heisst es. Von den Bildern guter Kinematographen gilt beides: Sie fliegen vor den Augen des Zuschauers hin, graben sich aber in sein Gedächtnis ein und deshalb ist es zu be- grüßen, wenn jetzt auch auf diese ultramo-derne Art und Weise die charakteristischen Schönheiten Luxemburgs vor dem Ausland ins rechte Licht gerückt werden.»" br 2 bac! Daglica br 2 gage! Im groen Saale des ba. This-Noria Plume Galltaame. Marien't Edison Elektrisches Theater! Le Cinematograph Edison et Lumitre I 45onntes, 14. unti Sflontag, 16. Rai 1906: Grosse Brillant-Vorstellungen snit neu dag trollteru ederationebitbern, bon torithen gang litionbace Issuorgufsben flint Neill Humant Pittoresque de Luembourg. ? Nat/ Grosse Canlesde Latemberg 190. (organiste yu Luxembourg-Attractions). ? Beni Le Voyage h Vu Ince un obstacle. ? Ne nl Le betena-entomobiles de Monaco. ? Nt cl Le Marine per Anone. ? Bombardement de Port. Arthur. ? Thea erbaud in Cluenge. ? Die Wilddiebe. ? Der Meneau. ? Trierisehes Feldartillerie-Ingusent mit Biudenisfelet ? Ermordang des Counters van Lyon etc. Wnherban 2.ht unergiifflitb prohastigeb Progranta. SoenVeg niachtnittag mn 915nbe Montas ? ? tPis U. 'BUS N Me.), 11114410111tenftegart. L $10 110 intt.; Val 80 Big ; DL IIa 50 Va. Aient sa)! Ir ahane eu ln Seglettung ihru (Ment Me Win. MM %Umm bal) 931date unb AnItragsettet ? Ben twathulten. ta* 2813 tic tirdtion: KAREBILLuxemburger Zeitung (21.9.1912) Medinger: Das malerische Luxemburg (1912) En juin 1912, Félix Medinger, proprié-taire du cinéma The Royal Bio Comp. (le futur Ciné de la Cour) prend l'initiative de produire le film Das malerische Luxemburg. Nous ignorons si cette bande d'une durée de 5 minutes a également été projetée l'étranger en vue de faire de la publicité pour le Luxembourg. En tout cas, la pro-duction satisfait aux critères d'un bon film touristique. Das malerische Luxemburg in-vite le spectateur à une balade touristique travers les plus beaux coins de la capi-tale. D'abord placée sur un tram, la caméra emmène le spectateur de la gare jusqu'au Palais. Ensuite le spectateur découvre dans une succession de plans plus ou moins fixes, e.a. le marché hebdomadaire à la Place Guillaume, l'entrée de la Cathédrale, les monuments en honneur de Dicks et de Lentz ainsi que de la Princesse Amélie. Les plans mettant en scène le Marché-aux- Poissons, la Rue Large, la chapelle St. Qui- rin, la Corniche, et les différents quartiers de la ville basse filmés d'en haut sont par-ticulièrement saisissants. Le Luxemburger Zeitung parle à l'époque des «schönsten und interessantesten Teile Neu- und Alt- Luxemburgs, die wir jedermann zur Ansicht anempfehlen.»1° A.AP.P.P.1.11 Des films de fiction comme publicité touristique? En mars 1910, une équipe d'une quin-zaine de personnes de la maison de pro-duction française Pathé tourne quatre films de fiction au Grand-Duché qui ont «com-me cadre les points les plus pittoresques de Luxembourg»11: Le séducteur, Le tronc, Le guide et La conversion du braconnier, un film entièrement colorié, présenté dans les annonces comme le meilleur des quatre. Le quotidien francophone L'Indépendance Luxembourgeoise estime à l'époque que ces films constituent une «excellente récla-me pour notre pays, hélas peu connu des touristes; la maison Pathé qui possède une renommée mondiale n'aurait pu rendre un service plus précieux à notre ville dans l'in-térêt de la réclame.»12 Un des responsables du tournage, un certain Decroix (il s'agit probablement du réalisateur français Char-les Decroix) se dit très impressionné par le Luxembourg en tant que lieu de tournage: «Ein Land wie Luxemburg, das solchen un- ermesslichen Reichtum an Naturschönhei- ten aufweisst, ist in Europa nicht mehr auf-zufinden.»1' Dans le but de convaincre les autorités luxembourgeoises de l'intérêt de ces films, afin de faciliter les autorisations de tournage, il souligne qu'ils seront pro-jetés «dans le monde entier», qu'ils consti- bingo Kinematograph ISafferitrate. 246 eier 531inoe ente! ben eati6446e, lidetle 3. R. Nt littiittriNIN Veli,2665415 uni) tell 5 liriniefliniten nebit elelefge bettnt. eanietafir Inn 21. e44et. bie 0441. kuIta, 24. ePt, teftni 2/iat tn, uie Mien Me ? Sunteleoite web tiectiintereflinne Zufnalift: -r Dsa ais* Inedinj OMM** ItmetrePliie 44111414eitebe Sufeemlee1142164 161 4641166416 Sm% noiera 141444e4L11141; 164114 PT =lm Mette oristentam. t iefer luttealt 4Iu euelmillt eine g*/ sait kt Ceilti.itTeen eiratenbenni mn Zabi*, Itutit,litt ?4664. Mes mati Initia eur 22,20amet4 an rince' 194i6intnerettage. tic eetWelienen Itobeakr unie allentleteen &bifide ? 16ie 11441111014114 121124?12 iteete fleselfeleerteities. wa geoltipeepeetts6444 224tielmotemeta2 ouf 1120 2112124NO211221. Sikti die tutti Robent, Siellutinits. 4Des baftelieebe tieb6e1 u. I. b. a. I. a, n'aubes c 2 litieles?MONtEeMeget pore 2 Stetiatite: itu Safi 1111 lin MOU 2 Met ileirelieft bosselait, eftb feffeinbei enietiseilemee ine2 2 Vffle Der Brie' 2 Nie Xi,' esereittubee 2ebes4billo 106* bd tin* SgadMItegtmotot. Springprozession in Echternach (Marzen, 1912)FILM ET TOURISME AU LUXEMBOURG A LA BELLE ÉPOQUE «der Fremdenführer»: Luxemburger Zeitung (10.10.1910) tueront une publicité importante, capable d'attirer l'attention d'un public internatio-nal sur les «Schönheiten dieses Landes», et que par conséquent ils participeraient effi-cacement â. une «Hebung des Fremdenver- kehrs» au Grand-Duché.14 Lors de la sortie en septembre et octobre 1910 des quatre films Pathé au Royal Bio & Co (le futur Ci- néma de la Cour), la presse est unanime â. souligner la qualité des vues présentées. est vrai que Pathé a choisi pour ces quatre productions plusieurs des endroits touristi- ques et des sites naturels les plus attractifs de la capitale et du pays. A l'occasion de la projection du film Le séducteur, un drame qui se déroule au Moyen Age, tourné e.a. dans «les coins les plus pittoresques des faubourgs du Grund et du Pfaffenthal»15, le Luxemburger Zeitung écrit: «Das Inte-ressanteste bei den einzelnen Szenen ist jedoch immer der landschaftliche Rahmen. Mit bewunderungswürdigem Geschick sind die malerischen Stellen der Stadt aus-gewählt, und und die Kunst des Photographen feiert hier Triumphe.»16 Pour Le tronc (Die Baumhöhle), le réalisateur a choisi de pla-cer sa caméra au Marché-aux-Poissons, aux Trois Glands, dans le Pfaffenthal, au bords de l'Alzette et dans les environs de la très pittoresque chapelle de Saint-Quirin.17 Le drame intitulé Le guide (Der Fremden- führer) est filmé e.a. sur la place du Glacis (devant l'aubette d'octroi), â. l'entrée du 'Volkshaus' catholique, aux Trois Glands, sur les rochers de la Côte d'Eich ainsi que dans la région du Müllerthal (censée repré- senter dans le film une région typiquement suisse). La presse est bien consciente de l'impact que de telles vues peuvent avoir sur un public étranger, comme le montre cette réflexion du Luxemburger Zeitung: «Auf Fremde muss das noch stärkeren Ein-druck machen, als auf uns Luxemburger.».1" On regrette néanmoins que les specta-teurs étrangers ne soient pas informés du lieu de tournage: «Es wäre überhaupt für Luxemburg's malerische Ecken und Eck- chen eine Riesenreklame, wenn in der gan-zen Welt, wo diese Films gezeigt werden, immer hinzugefügt würde, dass sie in Lu-xemburg aufgenommen sind. ,.20 En septembre 1913, Pathé revient au Luxembourg pour y tourner Nick Winter et le mystère de la Tamise (Nick Winter und das Burghotel), un film de la série populaire Nick Winter, relatant les aventures d'un dé- tective britannique. Cette production est tournée e.a. â. Bollendorf, à Ansembourg, au château de Dommeldange ainsi que dans le parc de la station thermale de Mon- dorf-les-Bains. Le film semble avoir impres- sionné les spectateurs luxembourgeois lors de sa sortie trois mois plus tard. Certains y voient un moyen idéal pour faire la pro-motion touristique du pays, comme le re-late le Luxemburger Zeitung: «Eine Anzahl The Royal Rio Comp, Sitnentatiouplptaaloutter I. 911110 Mel de Luxembourg (Medinger-Kohner). ie 111. Istaabree ? ?Der Fremdenführer" amfgenommen bier In *gremlins, bit Imide gotbt tSollmag, ben 16, Ca. 604444 allatenbii4 su% *Arent. Tie t'mubt3enrn ibielen 54 ab: Illut beta Gigart4 Dot bets ant. bun, oor beet titu i tolfitiatitel (Itiniebrin4), im 9/Iftettal bei ber So111141u4t, $trelop Mto,, oaf 3 tiitlxbt, ui ti4erbero, avf bat ertibinu etellen Mabel*: elotilaWOMITERIL atiptiCager: ,Pokahunte obet 15 34te Setangeoftbalt miter Nbionem TAI berlorese 19stles941911aub ? Til 111Inel tie WILItt Ono. OttilleeNt11, toitobt aid bet 3eit Sobtoie 3ebt* Web 96111 9 tt9r: ?Stole lialasibritaluito." Zonntretagt toirb bed ;wain ria Oaltte mesa 473 «Das malerische Luxemburg» (Medinger,1912)MIME; .611 awdowles;mboromouromma.trigrall Le fameux «Volkhaus» catholique von Zuschauern, die den Film gesehen hat, weist in einer Zuschrift an uns auf dessen Reklamewert für die Naturschönheiten un- seres Landes hin und regt an, ob 'höheren Orts' nicht dahin gewirkt werden könnte, dass vor jeder Szenerie auf dem Film ange- geben würde, wo die Aufnahme gemacht ist.». Le quotidien libéral est toutefois bien conscient du côté irréaliste et impratica-ble d'une telle initiative: «Es käme auf den Versuch an. Aber die Firma wird sich dar-auf schwerlich einlassen, denn die Illusion bei der Detektivgeschichte, die in England spielen soll, würde schwerlich dadurch ge- fördert, wenn der Zuschauer erführe, wo die Aufnahmen gemacht sind.»." Après la Première Guerre mondiale, la promotion touristique par le film prend des formes plus organisées et officielles, avec la réalisation de films tels que Luxemburg Stadt und Land (1926) du journaliste ger- mano-luxembourgeois Hanns Divo et de l'Allemand Harry Hasso, co-produit par la SITE. (Société d'Initiatives de Tourisme et d'Embellissement)22, Le Beau Pays de Luxembourg (1935) filmé par le caméra- man belge Maurice Dewitte pour le compte du gouvernement luxembourgeois2' et sur-tout // est un petit pays (1937), réalisé par le Luxembourgeois René Leclère dans le ca-dre de l'exposition universelle de Paris. on ,? ? 2119,32111 Vue sur le Grund dans «Das malerische Luxemburg"» (Medinger, 1912) ZU 111?11 -??? Ir Io Tolt . ak` taiw ? 11* 1,4 i 1 Pour plus d'informations sur Philippe Schneider, voir: André Linden, «Lux et Vox (...1921 ? 1979...), In: Letzebuerger Kino. Aspects du cinéma luxembourgeois, CNA-Editions Ilôts, 2005 (p. 12-43) et le documentaire Philippe Schneider. De Mann mat der Kamera de Tom Alesch (1999). Voir à ce sujet: Paul Lesch, René Leclère, pionnier du cinéma Luxembourgeois, Centre national de l'audiovisuel, Dudelange, 1999, (133 p.) et André Linden, op.cit. Voir à ce sujet: Roland Lacaf, Le tourisme au Grand- Duché de Luxembourg. Histoire, Politique et Publicité touristiques: des origines 1952, Institut Universitaire International Luxembourg, Luxembourg 1972 et Roland Pinnel, Histoire sommaire du tourisme luxembourgeois, Ministère d 'Etat et Ministère des Classes Moyennes et du Tourisme, Luxembourg, 1989. 4 Dès 1903-05,1e ministre d'Etat Paul Eyschen détache cinq fonctionnaires et employés pour s'occuper des affaires touristiques au Département du commerce, de l'industrie et du travail. Voirà ce sujet: Roland Pinnel op.cit., p.30. ' La majorité de ces films sont conservés aux archives du CNA et ont été édités sur le DVD Crazy Cinématographe. Europäisches Jahrmarkt kino 1896-1916, Edition filmmuseum 18 (2007). Cité dans Luxemburger Zeitung, 31.7.1905. Voir aussi Luxemburger Wort, 2.8.1905 et L'Indépendance Luxembourgeoise, 1.8.1905. L'Indépendance Luxembourgeoise, 1.8.1905. Echtemacher, Anzeiger, 16.8.1906. Luxemburger Zeitung, 16.4.1905. Luxemburger Zeitung, 25.9.1912. " L'Indépendance Luxembourgeoise, 9.3.1910. Id. 1' Archives Nationales Luxembourg, Intérieur 76/129, p.0034-0035. 14 Id. 1' L'Indépendance Luxembourgeoise, 22.9.1910. Luxemburger Zeitung, 15.9.1'910. 1' Voir à ce sujet, L'Indépendance Luxembourgeoise, 27.9.1910; Luxemburger Zeitung, 24.9.1910. 1' Voir à. ce sujet, L'Indépendance Luxembourgeoise, 8.10.1910; Luxemburger Zeitung, 10.10.191'0. Luxemburger Zeitung, 1.10.1910. 20 id. 21 Luxemburger Zeitung, 8.12.1913. 22 11s'agit de l'ancêtre du Syndicat d'Initiative et de Tourisme créé en 1933. Voir: Roland Pinne!, op.cit., p.40. 2' C'est en tout cas, ce que déclare Nic Molling dans le Tageblatt du 15.2.1935.


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