13/06/2008 18:45 Il y a : 11 yrs

La propaganda touristique dans les films de René Leclère

Catégorie : 88/2008 - Tourisme 88/2008 - Tourisme
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LA PROPAGANDE TOURISTIQUE DANS LES FILMS DE RENÉ LECLÈRE I ? ? .1 L ? a? I, IF «II est un petit pays» (René Leclère, 1937) Au cours des années 1930, on assiste un véritable «réveil de la publicité tou-ristique» au Grand-Duché. L'Etat intervient de plus en plus activement dans le domaine touristique en essayant e.a. d'orchestrer «une meilleure structuration de l'organi-sation touristique» du pays. Entre 1929 et 1939, le budget destiné à la promotion du tourisme passe de 300000 à 700000 francs. Sans devenir un véritable pilier de la propagande touristique luxembourgeoise, le cinéma commence néanmoins à jouer la fin des années 1930 un rôle non négligea-ble dans ce domaine. C'est dans ce contexte historique que René Leclère (1890-1955), juriste, poète, scénariste, auteur de pièces de théâtre en langue luxembourgeoise, critique cinématographique, membre de l'Assoss et cinéaste, tourne entre 1937 et 1940 toute une série de documentaires sur le Grand-Duché de Luxembourg, dont // est un petit pays (1937), Ardoises (1938), Garçon... un bock! (1938), Circulez (1939) et La chanson de l'eau (1940). Les deux films les plus réussis de ce neveu d'Emile Mayrisch, qui peut être considéré comme le premier cinéaste professionnel luxembour-geois, sont // est un petit pays et Circulez. II est un petit pays (1937) En 1936, le commissaire général luxem-bourgeois de l'Exposition mondiale de Pa-ris, Léon Laval-Tudor - un parent éloigné de René Leclère - charge le cinéaste luxem-bourgeois de la réalisation d'un film touris-tique destiné à faire de la publicité pour le Grand-Duché: // est un petit pays. Essayant d'éviter les clichés repris par les films tou-ristiques conventionnels René Leclère opte pour une approche plus recherchée. Au lieu d'aligner simplement des vues de cartes postales statiques, il invite le spectateur accompagner deux touristes étrangers pen-dant une promenade en voiture à travers le Grand-Duché. Hormis quelques rares plans fixes, la quasi-totalité d'// est un petit pays est filmée en mouvement, à l'aide de panoramiques mais surtout de travellings, qui confèrent au film une dynamique qui fait défaut à beaucoup de productions du même genre réalisées à l'époque. La ran-donnée est commentée en voix off par le très populaire speaker français Marcel Laporte. La partition musicale du film est composée par Raymond Legrand, qui fait partie de la fameuse formation musicale- t. ft w René Leclère, juriste, poète, scénariste et cinéaste luxembourgeois (1890-1955) 11:41 «Les Collégiens» du célèbre chef d'orches-tre Ray Ventura. Ce dernier assure d'ailleurs la «direction musicale» du film. Après avoir mis en valeur pendant envi-ron une demi-heure les beautés naturelles et architecturales du pays, en soulignant le ca-ractère féerique de cet «îlot de paix et de bon-heur», Leclère consacre une bonne dizaine de minutes à. la ville de Luxembourg. Il accumule les vues pittoresques de la capitale, insistant plus particulièrement sur le Viaduc, le Pont Adolphe, la Grand-Rue, le Palais Grand-Du-cal, le marché hebdomadaire très animé de la Place Guillaume et surtout les «vestiges d'une époque disparue», tels que la corniche, la for-teresse, la chapelle St.Quirin, la vieille ville et les faubourgs. La dernière séquence du film est consacrée à. la Schueberfouer. Cherchant à. bien visualiser le caractère animé et agité de la fête foraine, Leclère la conçoit comme un véritable clip musical. Il est un petit pays, le premier film so-nore luxembourgeois, passe non seulement dans plusieurs cinémas du pays, mais il est présenté également dans plusieurs salles parisiennes ainsi qu'a l'exposition univer-selle, touchant ainsi un public important de touristes potentiels. Circulez (1939) A l'instar d'// est un petit pays, prati-quement tous les films que Leclère réalise dans la suite, contiennent des prises de vues pittoresques de la ville de Luxembourg, sans pourtant que la capitale n'occupe une place centrale. Il n'en va pas de même avec Circulez, le quatrième film luxembourgeois de Leclère, qui se situe entièrement dans la capitale. Il s'agit d'un film «d'éducation ci-vique» financé par la Ville de Luxembourg et l'Etat, destiné à mettre en évidence «les dangers découlant de la non-observation des règles fondamentales de la circulation.» La commission de circulation de la Ville a des idées précises sur le contenu: «Der Film soll aufklärend wirken nicht nur für die Bür-ger der Stadt, sondern für die Bevölkerung des ganzen Landes, damit dieselbe sowohl draussen bei sich selbst als auch, wenn sie zur Stadt kommt, in jeglicher Hinsicht Be- scheid wisse.» Les membres de la commis-sion insistent pourtant également sur le po-tentiel de «propagande touristique» d'une telle production. Ils estiment que Circulez pourrait constituer en cas de projection l'étranger «une sérieuse réclame pour la ville.» René Leclère n'a pas de problème avec une telle approche: «Dans l'intérêt touristique il y a lieu de placer les différen-tes scènes dans des cadres très pittoresques de la ville avec vue sur les points les plus beaux des environs de la ville.» Si l'accueil critique de Circulez est plutôt mitigé en ce qui concerne sa vocation pédagogique, les E réactions de la presse sont plus positives pour ce qui est de son intérêt touristique, comme l'illustre cette critique du Tageblatt datant de la sortie du film: «Ein Meister- werk der Propaganda für die Felsenstadt Luxemburg (...). Da sind Aussichten und Ausschnitte der Stadt und deren Umge- gend, wie sie ganz sicher noch nie bei uns im Bilde festgehalten worden sind. Mit Mo- menten vergisst man vollständig, dass die- ser Film zu einem ganz bestimmten Zweck geschaffen wurde, und man berauscht sich förmlich an den immer wieder auftauchen- den Naturschönheiten.» Extraits d'un article sur René Leclère paru dans ons stad, no. 62/1999 (p. 22-25). 1 Roland Pinnel, Histoire sommaire du tourisme luxembourgeois, Luxembourg 1989. Id. Paul Lesch, René Leclére, Pionnier du cinéma luxembourgeois, Centre national de l'audiovisuel, 1999. 4 Archives dé. la Ville de Luxembourg: Dossier 100a15/37 (lettre du 25 juin 1937). Marcel Cahen au Conseil Communal, le 27 juin 1938 (Bulletin communal 1938). Archives de la Ville de Luxembourg: Dossier 100a/5/38 (lettre du 8 février 1938). Archives de la Ville de Luxembourg: Dossier 100a/5/38 (lettre du 15 février 1938). Tageblatt, 28 février 1939. Micky Damrémont et Marcel Grignon dans «Il est un petit pays» (René Leclère, 1937) rit eggEMI g21


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