07/06/1999 18:30 Alter: 20 yrs

Perle Mesta et les "burgomasters"

Kategorie: 61/1999 - Fünfziger Jahre 61/1999 - Fünfziger Jahre
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?Perle Mesta et les ?burgomasters" En 1950, le compositeur américain Irving Berlin écrit la partition d'une comédie musicale intitulée ?Call Me Madam" et inspirée par la personnalité haute en couleurs de Perle Mesta et par son séjour au Grand-Duché de Luxembourg. Dans les années 40, Perle Mesta est essen-tiellement connue aux Etats-Unis pour ses activités sociales et mondaines. Ses somptueuses réceptions pour le gratin politique de Washington, lui valent alors le surnom de hostess with the mostes'. Après avoir soutenu financièrement son ami démocrate Harry Truman lors des élections prési-dentielles de 1948, Perle Mesta est la première être nommée au poste de premier ?ministre plénipotentiaire" américain au Grand-Duché (1949-1953). A Luxembourg, Perle Mesta fait honneur à. sa renommée en inaugurant un style diploma-tique particulier .... Parmi les nombreuses initiatives non conventionnelles entreprises par Perle Mesta à. Luxembourg, il faut citer e.a. les réceptions annuelles pour les maires du pays. En effet, durant trois années consécutives (1950-1952), la diplomate américaine invite dans les locaux de la légation au Limpertsberg tous les bourgmestres luxembourgeois, une initiative qui connaît un grand retentissement au Grand-Duché. Une telle rencontre groupant les premiers magistrats des communes n'a eu lieu qu'une seule fois aupara-vant, en 1939 lors des festivités autour du cente-naire de l'indépendance luxembourgeoise. Pour la première ? party" en septembre 1950, presque la totalité des 126 maires luxem-bourgeois, flattés, intrigués ou tout simplement curieux répondent à l'invitation. Seuls une demi- douzaine d'entre-eux se sont fait excuser. Contrairement à la légende, Perle Mesta ne sert pas que du Coca-Cola, mais offre aux maires du champagne ainsi que du vin de la Moselle luxembourgeoise. Pierre Werner, qui était présent à. ces ?burgomaster-parties", nous a cependant raconté que certains maires étaient un peu surpris lorsqu'ils s'apercevaient que la boisson brune servie au cours de la réception, n'était pas de l'Amer Picon", une boisson alcoolique alors assez populaire à. Luxembourg, mais bien du simple Coca-Cola. Durant la réception Perle Mesta ne manque pas de flatter ses hôtes en évoquant leur ? tenue courageuse" pendant la guerre et de souligner qu'elle aime de tout coeur le pays et ses habi-tants. Les journalistes luxembourgeois présents l'événement confirment l'atmosphère détendue et chaleureuse de la réception. Le ?Luxem-bourger Wort" parle d'une ?unzeremonielle, herzliche Atmosphäre". Paul Leuck de la ?Revue" rapporte que le ?singing maire" d'Ech-ternach s'est laissé emporter par la bonne ambi-ance et aurait chanté la ?Hämelmaus" dans le grand salon de la légation. Selon la diplomate américaine le succès de la réception est en tout cas tel, que ?every time I went to a town, the burgomaster would say, «Perle, when are we going to have another good party like that?» Forme, that was reason enough to make my burgomasters' party an annual event."2 La quasi totalité des journaux luxembour- gois salue l'initiative de Perle Mesta. Paul Leuck note: ?Soviel freundschaftlichen Gedankenaus-tausch, wie wir es bei den Bürgermeistern in der Legation erlebten, hätten wir (..) nicht für möglich gehalten. Jede Gemeinde hat ihre kleinen und großen Sorgen und Nöte, und anderweitig bei ihren Amtsbrüdern getroffene Lösungen können sehr anregend und helfend wirken. Wie war es doch so lehrreich, den Escher Bürgermeister zu hören, wie er etlichen seiner Kollegen, deren Gemeinden auch an Woh-nungsnot leiden, am Tischchen im Erker bei Kaffee und Zigarre, über das Bau- und Finanzie-rungsprogramm der Stadt Esch Aufschluß gab."' Les seules critiques ouvertes viennent de la presse communiste qui ? guerre froide et antiaméricanisme obligent ? dénonce l'initiative comme ?ingérence ouverte dans les prérogatives du gouvernement, qu'un véritable ministre de l'Intérieur aurait dû interdire."' Il est difficile de savoir si le gouvernement luxembourgeois a véritablement apprécié cette initiative de Perle Mesta. En tout cas, le ministre Pierre Frieden, présent aux réceptions de 1951 et 1952, note que les rencontres des maires à la légation américaine étaient ?eigentlich die einzige Chance (..), die sie ausnützen können, um über ihre gemeinsame Arbeit zu sprechen. "5 Après le départ de la diplomate américaine en 1953, son successeur Wiley T. Buchanan ne continue pourtant pas la tradition. Paul Lesch ?Luxemburger Wort", 22 septembre 1950; 2) Perle Mesta et Robert Cahn; ?Perle. My Story", New York 1960; 3) ?Revue", 30 septembre 1950; 4) ?Zeitung vum Letzebuerger Vollek", 18 avril 1953; 5) ?Revue", 11 octobre 1952. 21


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