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07/06/2000 19:00 Alter: 14 yrs

La Collection Luxembourgeoise du Musée National d'Histoire et d'Art

Rubrik: 64/2000 - Knuedler II 64/2000 - Knuedler II

?La Collection Luxembourgeoise du Musée National d'Histoire et d'Art Les vallons ondulants recouverts de vignobles aux crus excellents, les eaux paisibles de la vallée mosellane ils ont depuis toujours attiré non seulement les touristes et les promeneurs du dimanche, mais ont inspiré égale-ment nos artistes. Peintres, poètes et musiciens, tous ont rendu hommage â la beauté de la Moselle qui invite â la détente et â la douceur de vivre. Frantz Seimetz (né le 21 avril 1858 â Grevenmacher et mort le 26 octobre 1934 â Luxembourg) Portrait de l'Artiste, 1922 (huile sur carton, 47 x 26 cm) Un des premiers peintres mosellans est Frantz Seimetz, un enfant de cette région né à Grevenmacher comme fils d'un cocher au même nom qui avait épousé Marguerite Schmit. Le jeune homme devient peintre-décorateur. Très vite ses talents artistiques lui valent l'intérêt d'Antoine Pescatore grâce â l'aide duquel il peut parfaire ses études â l'étranger, d'abord â Bruxelles en 1875, puis â l'Académie Royale des Beaux-Arts â Munich (1879-1881), et â l'Ecole Nationale des Beaux-Arts â Paris ( 1881- 1887) où en 1884 il participe au Salon et oit il rend visite â Munkácsy. L'oeuvre artistique de Seimetz est volumineuse. On lui connaît plus de 1000 oeuvres comprenant des huiles, daes aquarelles, des sanguines et des esquisses. Il cherche ses sujets dans la nature et immortalise les coins pittoresques de la capitale et du pays. Mais cette profusion de toiles explique aussi pourquoi ses créations sont parfois de qualité fort inégale. En tout cas Seimetz n'est pas â con-sidérer comme le meilleur peintre de la région mosellane. D'ailleurs conscient de ses limites, il a laissé â son ami Jean-Pierre Beckius le soin d'éterniser les beautés de la Moselle. Les années passées â Echternach sont considérées comme sa période la plus féconde et la plus heureuse. D'ailleurs ce sont les tableaux datant de cette époque et représentant le Hallerbach, le Mullerthal ou les environs d'Echternach qui sont les plus répandus et les plus appréciés. Ses tableaux sont en général d'un réalisme plaisant ayant gardé un petit souvenir romantique mais présentant aussi quelques traits impressionnistes. A ses débuts il s'est laissé guider par les grands maîtres hollandais qui lui ont appris le jeu avec la lumière et l'om-bre, avec le clair et l'obscur. Puis vers 1900 l'impressionnisme aPavillon à Echternach (huile sur toile, 45,5 x 62 cm) éclairé et allégé sa palette et les couleurs foncées et brunes ont cédé le pas à des couleurs plus gaies exprimant la joie de vivre et la beauté du moment vécu. Frantz Seimetz correspond à l'image qu'on se fait d'un artiste. Celui qu'on avait pris l'habitude d'appeler "Molerpittchen" ou "Seimchen", était connu partout comme un original, un homme pittoresque qu'on reconnaissait à sa moustache, sa barbichette, ses cheveux bouclés, son chapeau mou à larges bords tombants, sa cape et sa lavallière au large noeud flottant. Personnalité impression-nante, Seimetz avait les yeux pétillant de malice et de bonne humeur. Il respirait la joie de vivre et la bonté joviale. Son caractère optimiste, dynamique et entreprenant ainsi que son humeur voyageuse le faisaient mener une existence aventureuse, une vie de bohême, qui l'amenait aux quatre bouts du monde, notamment au Canada, aux Antilles, au Mexique et aux Etats-Unis, où il vit de son art et passe plusieurs mois sur un flat-boat avec lequel il descend le Mississippi. Mais il sillonne aussi l'Europe et traverse 'a pied le Saint-Gotthard. Seimetz avait épousé une Arlonnaise, Marie-Antoinette Bourger, dite Mimi. Elle était la fille d'un professeur de dessin et avait aussi des dons artistiques. Sans problèmes elle a su s'habituer à la vie instable de son mari, d'autant plus que le couple est resté sans enfant. Mais c'est le Luxembourg qui demeurait toujours leur point d'attache, en dépit de nombreux déménagements. Après avoir vécu à Echternach et à Arlon on les retrouve à partir de 1923 en haut de la rue François Boch qui descend vers le Rollingergrund où ils se sont installés dans une maison, qui selon Batty Weber, le grand ami de toujours, ressemble à un petit musée rempli de meubles anciens, de sculptures et de peintures. Ef2i De ses voyages, Seimetz a ramené d'innombrables tableaux et esquisses qui assurent son succès. C'est du jamais vu. En dehors des paysages, il excelle notamment dans les portraits avec les têtes car-actéristiques d'originaux rencontrés à l'étranger ainsi que de types populaires et pittoresques. Les portraits en général sont remar-quables, notamment ceux de sa femme et de ses amis comme Michel Rodange, Sosthène Weis, Michel Engels ou Batty Weber. Mais c'est le portrait d'une fillette blonde qui est considéré comme son chef d'oeuvre. On a de lui aussi de nombreux autoportraits où il s'inspire de Rembrandt et de Frans Hals. On y voit bien qu'il se prend très au sérieux et qu'il aime se mettre en scène et en valeur pour se montr-er en tant qu'homme important, mais débonnaire et jovial. En 1932 l'artiste a réalisé son dernier tableau. Puis il a déposé son pinceau pour prendre la plume et pour écrire en allemand, en luxembourgeois ou même de préférence dans un patoi mosellan, riche en images teintées d'un humour bien à lui, des anecdotes, pamphlets et aphorismes, des remarques parfois ironiques, des sou-venirs de jeunesse et des visions politiques et religieuses publiés sous le titre de "Der Feuersalamander". Frantz Seimetz, artiste d'envergure aux talents multiples et peintre consciencieux et appliqué, a dominé longtemps la vie artis-tique luxembourgeoise, tout en étant incapable de comprendre les jeunes artistes et les nouvelles tendances. Par ailleurs, il a été un pio-nnier en bien des domaines. C'est Frantz Seimetz qui est le premier artiste luxembourgeois à se laisser tenter par l'impressionnisme, tout comme il est le premier après Liez à peindre en plein air. En plus il est le premier peintre luxembourgeois à avoir construit son existence sur sa carrière artistique. Georgette Bisdorff


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64/2000 - Knuedler II

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